Critique de On se lève et On se casse


« On se lève et on (se) casse »

J’avais vu passer sur facebook l’annonce d’une des représentations de la pièce de théâtre : « on se lève et on (se) casse »

Le titre me rendait un peu perplexe. Je lis le commentaire : « un spectacle de la Vie en Rouge ». Ca aiguise ma curiosité !

« Avec ce spectacle nous voulons encourager les gens à se mobiliser, se rassembler et se révolter contre les injustices »

Tiens, il ne s’agit pas de se « casser » pour élever des chèvres à la campagne !

Et puis, je continue à lire : « La vie en rouge est une compagnie amateure qui, comme son nom l’indique, a de fortes convictions progressistes ».

Je flashe sur les noms : Katia Chikowky, comédienne (conservatoire Royal de Liège), chanteuse dans le groupe « Le Grand Café ».

Patrick Zeoli, guitariste dans le groupe « le Grand Café » et metteur en scène.

Je les connais bien tous les deux et peux témoigner de « leurs fortes convictions progressistes » !

Il a aussi, dans la « vie en rouge », Anna Van Der Steen, comédienne et chanteuse. Je ne la connaissais pas.

Plus d’hésitation ! Je réserve pour le spectacle.

Un décor sobre pour mieux faire résonner un « spectacle coup de poing » !

Un décor sobre ! Pas de fioriture ! Deux tabourets au milieu de la scène, une guitare en retrait, un petit bar. Et dans le fond de la scène, un ensemble de panneaux avec, au milieu, un tableau noir !

Et ça démarre en puissance. Une des deux comédiennes écrit sur le tableau : « Ne me libère pas, je m’en charge »!

Le duo féminin a une pêche d’enfer.

A tour de rôle, présentation de la pièce : « Ceci est l’histoire des vaincus, l’histoire de ceux dont il ne faut pas raconter l’histoire. Ceci est l’histoire de ceux dont il ne faudra pas dire qu’ils se sont levés contre l’oppresseur, l’histoire de ceux dont il faudra nier qu’ils ont tenté de changer le monde et que parfois ils y ont réussi, l’histoire de ceux, qui ne s’étant pas résignés, doivent être jetés aux oubliettes ».

Je commence à réaliser : (se) casser ! Oui, de vos turpitudes, de votre hypocrisie, de vos lâchetés ! Vous n’aurez pas le silence des victimes, des vaincu.e.s. Vous n’aurez pas le consentement des dominé.e.s.

Le spectacle, qui va durer un peu plus d’une heure, est un montage de chansons (accompagnées en direct par Patrick Zeoli, le guitariste) et de textes (poèmes, extraits de romans…), racontant les luttes passées et actuelles, qu’elles soient féministes, anti-coloniales ou celles des travailleurs/euses.

Et ça démarre par la chanson sur la Commune de Paris en 1871 : « La Commune en lutte », de JR Caussimon.

J’avais envie de chanter avec le duo : « Les valets des tyrans étaient en plus grand nombre. Il a fallu nous rendre, on va nous fusiller. Mais notre cri d’espoir qui va jaillir de l’ombre, le monde va l’entendre et ne plus l’oublier. La Commune est en lutte et demain, nous vaincrons » !

Au fur et à mesure du déroulement du spectacle, les grands panneaux du fond de la scène se recouvrent de grandes figures, femmes et hommes, des luttes passées et présentes : « Quel plaisir de donner voix à ces auteurs et autrices, de partager leurs mots, de dire ces paroles de lutte et de résistance et de faire entendre la révolte et l’espoir de manière brute, sans pincettes ni fioritures ».

Qu’a voulu la compagnie « La vie est rouge », en créant ce spectacle, si ce n’est  affirmer que se mobiliser est toujours utile ; d’encourager ceux et celles qui luttent déjà ; susciter chez toutes et tous le désir de combattre l’injustice ; DONNER DE L’’ESPOIR ».

Puisse ce spectacle encore et encore tourner !

Denis Horman